15. COURS D’EAU

L’eau a joué un rôle fondamental dans la formation et l’histoire de Mulhouse.
La ville médiévale s’est développée sur un plateau de lœss légèrement surélevé par rapport à l’Ill,
expliquant de fréquentes inondations.
Le tracé de la vieille ville correspond aux anciens murs d’enceinte et aux bras de la rivière.
Des fouilles archéologiques ont mis en évidence les différentes strates géologiques du site.
L’Ill servait à l’approvisionnement en eau et à la défense grâce aux fossés entourant la ville.
Deux fossés traversaient aussi Mulhouse pour l’approvisionnement en eau et l’évacuation des déchets.
Des puits complétaient l’alimentation en eau potable via la nappe phréatique.
Les anciens cours d’eau sont encore lisibles dans le plan urbain et les noms de rues.
Au XVIIIe siècle, les eaux de l’Ill et de la Doller ont joué un rôle prépondérant pour l’industrie textile.
Le canal du Rhône au Rhin a facilité le transport des matières premières et des produits finis.
Des ports et aménagements fluviaux ont structuré durablement le paysage urbain.
15A Rivières
TEXTE CHAPEAU : ILL et DOLLER
15A.01 ILL
NOTICE
15B Canaux utilitaires et usiniers

Au Moyen-Âge, les canaux de la ville actionnaient les roues de nombreux moulins.
Au XIXe siècle, d’autres aménagements sont provoqués par les besoins de l’industrie, à commencer par le canal du Rhône-au-Rhin,
dont les travaux ont débuté en 1802, sous Napoléon Ier, avec l'aide des prisonniers de guerre Espagnols.
C'est pour cette raison que ce canal s’appelait aussi le « Canal Napoléon ». Il a été inauguré au début des années 1830.
Un premier port a été aménagé sur son cours devant la gare actuelle. Aujourd’hui, la moitié de son emprise est comblée, pour devenir le square du général De Gaulle.
L'autre moitié a quitté sa fonction usinière pour devenir un port de plaisance.
Devenu trop petit, ce premier port a été déplacé en 1872 vers l’emplacement dénommé « Nouveau Bassin », où de grandes usines se sont rapidement installées sur les rives.
Ce deuxième port mulhousien est de nos jours aménagé en lieu de loisirs et de logements, intégrés dans la « ceinture verte et bleue » de la ville.
Le canal de jonction, créé pour permettre la liaison entre le canal du Rhône au Rhin et le Nouveau Bassin est maintenant un lieu de promenade ombragé et apprécié des pêcheurs.
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, un troisième port de Mulhouse a été implanté à l’Ile Napoléon.
Il est relié au port rhénan d’Ottmarsheim.
Quelques bassins commerciaux privés (bassins d’usines ou d’entrepôts) existaient durant le XIXe siècle. Il n’en reste plus que certains toponymes (par ex. la rue du Port).
Un cas exemplaire de canal usinier est le Steibachla (Steinbaechlein). Cet diffluent de la Doller, aménagé au XVIe siècle, utilisait un bras mort de cette rivière, creusé lors des crues.
À l’origine, le Steibachla servait à la mise en eau des prairies de fauche ; des moulins se sont installés sur ses rives afin d’utiliser l’énergie de chutes d’eau, naturelles ou artificielles.
L’eau du Steibachla, provenant des Vosges granitiques, était excellente pour le blanchiment des tissus ; de nombreuses blanchisseries se sont développées sur son parcours,
au point qu’au XVIIIe siècle, l’image d’un « chapelet d’usines » était souvent évoquée.
Après le creusement du canal de décharge de l’Ill, le Steibachla se déversait dans celui-ci.
Mais la qualité particulière de cette eau était cruciale pour les usines d’indiennes situées en aval du canal, au point qu’un siphon a été aménagé, permettant au Steibachla
de passer sous le canal sans s’y mélanger. D’où la rue du Siphon.
On peut aujourd'hui voir une partie du Steibachla dans l’enceinte des usines Mer-Rouge et DMC, et en amont de la gare de Dornach.
L'ensemble immobilier Pierrefontaine, créé sur son cours en remplacement des usines Koechlin, évoque l’existence de ce fossé.
Par ailleurs, si le mur d’enceinte de l’ancienne prison n’est pas rectiligne, c'est parce que sa courbe épouse le cours du Steibachla.
À Dornach existe une impasse du Steinbächlein, en amont de l’usine de la Mer-Rouge.
En revanche, le parc Steinbach n’a rien à voir avec le ruisseau : son nom lui vient du patronyme du donateur, Georges Steinbach.
Le canal de décharge des eaux de l’Ill a été créé pour enrayer définitivement les inondations à Mulhouse.
Son creusement a été précédé par la construction d’une grande digue censée dévier les crues, évoquée par la rue de la Promenade,
ainsi que par un canal plus petit dénommé Oberthorkanal parce qu’il partait de la Porte Haute (Oberthor) : son cours est aujourd’hui matérialisé par le boulevard Roosevelt.
Mais le canal de décharge n’a jamais été utilisé ni pour la navigation, ni comme canal usinier.
15C Fossés médiévaux
Les différents fossés creusés au pied du mur d’enceinte de Mulhouse étaient avant tout défensifs.
Ils ont rapidement été aménagés pour actionner des moulins bordant leurs cours.
Au Moyen-Age, Mulhouse comptait cinq moulins :
- un moulin à tan (Lohemühle), à côté des ateliers de rémouleurs, eux-mêmes également mus par des roues à eau sur le Schliffbachla
- la Walkenmühle (un foulon)
- la Bleulatmühle, un moulin à chanvre
- le moulin de la porte de Bâle
- un moulin près de la porte Jeune, qui actionnait le mécanisme d’une scierie.
Le seul témoignage subsistant est une plaque de rue « Rue du Moulin »
L’aspect du moulin et la tannerie en face de l’usine de la Dentsche (Porte Jeune) peut être attesté par des témoignages photographiques.
HR 2025-11-17 - MCV 2026-01-02

