70A. Institutions de valorisation dialectale
A Mulhouse, la pratique du dialecte est moins présente que dans d’autres territoires alsaciens (Sundgau, Centre et Nord)
Cela tient notamment à l’histoire de la ville, et particulièrement à partir du XIXe siècle, où le sentiment de francophilie était très ancré dans les élites mulhousiennes, reléguant la pratique du dialecte aux classes modestes et ouvrières.
Par ailleurs, les forts brassages de populations étrangères (italiens, polonais, citoyens d’Europe de l’Est, Maghreb…) ont contribué à diluer le dialecte dans la société.
Aujourd’hui, le dialecte peine à émerger, en dépit d’initiatives cherchant à lui redonner une place plus significative dans le paysage urbain.

70A.01 Office pour la Langue Alsacienne
NOTICE

70A.02 Commission Dankfàwrìk
NOTICE

70A.03 CERCLE SCHIKELE
NOTICE

70A.04 Écoles ABCM
NOTICE

70A.0 Association Schweissdissi Confrérie
NOTICE
70C. Littérature et poésie
70C.01 Littérature
NOTICE GROUPÉE
TEXTE A INTEGRER

RESUMER et CORRIGER
Les origines de la production littéraire alsacienne se confondent avec celles des autres pays de langue germanique. Il faut comprendre que l’allemand actuel (Hochdeutsch) n’a été créé qu’avec l’invention de l’imprimerie, en standardisant le parler germanique de Martin Luther à travers sa célèbre bible en allemand, et ceci dans la deuxième moitié du XVème siècle. Auparavant, chaque région de langue allemande/germanique cultivait son propre langage, comme d’ailleurs en France les différents dialectes vivaient leur vie jusqu’à l’uniformisation provoquée par le grand brassage humain et sociétal de la guerre de 1914-18.
L’alsacien de Mulhouse (Mìlhüser-Ditsch) est aujourd’hui classé dans les dialectes bas-allemands, on le comprend bien à Bâle et à Freiburg, et réciproquement nous comprenons aussi bien leur dialecte, avec un peu de bonne volonté. Ces idiomes sont plus proches l’un de l’autre que notre parlé avec les dialectes bas-rhinois.
Les dialectes alsaciens n’ont laissé que peu de traces écrites : en tant que langues vernaculaires leur fonction et leur mode d’emploi étaient essentiellement oraux. Jusqu’à la Révolution, les écrits en Alsace étaient soit en allemand soit bilingues français-allemand (pour les textes officiels à partir de 1648). Quelques rares auteurs nous ont laissé des œuvres en alsacien, essentiellement sous forme de feuilles volantes. Un bel exemple en est le texte de Beatus Rhenanus sur la comète d’Ensisheim (1492).
La naissance de la littérature alsacienne est généralement située en 1816, avec la parution du ‘’Pfingsmontag’’, une comédie populaire écrite par Jean Daniel Arnold (1780-1829).
Ehrenfried Stöber (1779-1835) publie deux recueils en dialecte, le premier en 1818, le second en 1829. C’est par lui que nous est connu un chant « national » alsacien : Das Elsass unser Ländel …
Il convient cependant de noter des écrits anonymes, recensés sous le titre de ‘’Fraubasengespräche’’ (les commérages des cousines), parus encore avant la Révolution à Strasbourg, en dialecte bas-rhinois.
Maier Woog (1833-1896), est un auteur injustement méconnu ; cet ’écrivain juif est né à Hégenheim où existait une communauté juive très importante, et décédé à Mulhouse. Il écrivait en alsacien, mais surtout en Yddish, et chacun peut apprécier la façon dont cet autre dialecte alsacien a enrichi notre parlé alsacien/mulhousien.
Voici deux frères poètes, nés à Mulhouse d’un père pasteur et également poète, en langue allemande. Les sermons de ce père, Abel Théodore Guillaume Maeder, étaient forts appréciés et publiés chez S. Flick à Bâle.
Adam Maeder, l’aîné est né le 7 novembre 1791, a étudié à Bâle et à Strasbourg, où il est devenu vicaire puis président du Consistoire Réformé en 1827. Il y est décédé le 18 novembre 1872. Il a rédigé des ouvrages pédagogiques, ainsi que des travaux sur l’histoire de l’Église Réformée de Strasbourg. Son œuvre dialectale consiste en une collecte de proverbes, comptines et aphorismes, du temps où Mulhouse était encore ville allié de la Confédération Suisse.
Peter Maeder, le cadet est né le 1 janvier 1793, a fait des études de théologie à Strasbourg puis à Marbourg. Il devint pasteur de l’église réformée de Guebwiller. C’était un chroniqueur en langues française et allemande, et un poète dialectal. Il a fondé à Guebwiller une société de musique, la Musikalische Gesellschaft, ainsi qu’une imprimerie. Il est décédé à Guebwiller le 28 février 1836.
Auguste Stoeber (1808-1884) : lui et son frère Adolphe sont les fils d‘Ehrenfried Stoeber déjà cité. Né à Strasbourg, il suivit des études de théologie, d’histoire et de littérature. Son parrain était le célèbre fabuliste colmarien Théodore Pfeffel, ce qui n’est sans doute pas étranger à son parcours littéraire. En 1841 il quitte Oberbronn, où il occupait le poste de directeur de l’école supérieure de filles, pour venir au collège de Mulhouse en tant que professeur. Son frère Adolphe y est aumônier depuis deux ans. Auguste devint aussi bibliothécaire en chef de la ville de Mulhouse entre 1861 et 1882. Ce poste lui donna accès aux archives et à de nombreux documents. Il a publié des travaux et études sur la linguistique, grammaire et vocabulaire, sur les dictons et légendes, les croyances et superstitions en Alsace. C’est lui qui a commencé la rédaction de l’ouvrage finalement sorti des mains de Martin & Lienhardt : Woerterbuch der Elsässischen Mundart. La partie dialectale de son œuvre comprend des saynètes de la vie de tous les jours qui lui permettent de transmettre des comptines et berceuses récoltées durant ses recherches. Par exemple pour Mulhouse, le ‘’Ritta, ritta, Ressla’’, que l’on chantait aux enfants en les faisant sauter sur ses genoux.
Adolphe Stoeber (1810-1892) : c’est le frère du précédent, aussi né à Strasbourg. Il fit des études de théologie, vécut à Oberbronn avec son frère et leur mère. En 1839 il devient aumônier au collège de Mulhouse, obtint une charge paroissiale, et fut élu président du Consistoire Réformé en 1860. Adolphe a beaucoup publié en langue allemande, le versant dialectal de ses écrits concerne des souvenirs d’enfance, et les lieux où celle-ci s’est déroulée. Il est l’auteur d’un poème sur ‘’Hàns ìm Schnokeloch’’, qui a donné par la suite la chanson que tout le monde connaît et entonne. On lui doit le sermon pour la consécration du nouveau temple St Etienne de Mulhouse, le 1er novembre 1866.
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Ruhlmann Hugues 17/04/2024



